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Pensées du Curé d'Ars

Le Curé d'Ars est génial. Voici des pensées à lui:

L’AMOUR DE DIEU POUR NOUS

Le seul bonheur que nous ayons sur la terre, c’est d’aimer Dieu et de savoir que Dieu nous aime.

Le Bon Dieu veut nous sauver et nous ne voulons rien faire pour notre salut.

Le Bon Dieu est meilleur que le diable n’est méchant ; c’est lui qui me garde. Ce que Dieu garde est bien gardé.

« Demandez et vous recevrez ». Il n’y a que Dieu qui puisse faire de semblables promesses et les tenir.

Dieu n’a rien épargné pour nous sauver.

Toutes les fois que je m’inquiète de la providence ; Le Bon Dieu me punit de mes inquiétudes en m’envoyant des secours inattendus.

Ne vous défiez pas de la providence du bon Dieu… Elle fait croître votre récolte, elle vous donnera bien de temps de la ramasser.

LA GRÂCE

Il a ses mains pleines de grâces, cherchant à qui les distribuer, hélas ! et personne n’en veut…

De même que la terre ne peut rien produire si le soleil ne la féconde ; de même nous ne pouvons rien faire de bien sans la grâce du bon Dieu.

L’âme sous l’action de la grâce ressemble à ces oiseaux qui ne font qu’effleurer la terre et qui planent constamment dans les airs, tandis que l’âme en état de péché ressemble à ces oiseaux domestiques qui ne peuvent quitter la terre et son constamment attachés à elle.

La grâce de Dieu nous aide à marcher et nous soutient. Elle nous est nécessaire comme les béquilles à ceux qui ont du mal aux jambes.

L’homme est si grand que rien ne peut le contenter sur la terre. Il n’y a que lorsqu’il se tourne du coté de Dieu qu’il est content… Tirez un poisson hors de l’eau, il ne vivra pas. Eh bien ! Voilà l’homme sans Dieu.

Oh ! mes enfants, le corps des saints est un tabernacle vivant !

Il est plus facile de se sauver que de se perdre, tant est grande la miséricorde de Dieu.

VERTUS THÉOLOGALES

Quand nous disons : Mon Dieu, je crois, je crois fermement que, c’est-à-dire sans la moindre hésitation ! Oh ! si nous nous pénétrions de ces paroles : je crois fermement que vous êtes présent partout, que vous me voyer, que je suis sous vos yeux, qu’un jour je vous verrai clairement moi-même, que je jouirai de tous les biens que vous m’avez promis !... Mon Dieu, j’espère que vous me récompenserez de tout ce que j’aurai fait pour plaire… Mon Dieu, je vous aime : j’ai un cœur pour vous aimer !... Oh ! comme cet acte de foi qui est aussi un acte d’amour, suffirait à tout.

LA FOI

Voyez c’est la foi qui manque… Quand on n’a pas la foi, on est aveugle. Celui qui ne voit pas ne connaît pas, celui qui ne connaît pas n’aime pas ; celui qui n’aime pas Dieu s’aime lui-même, et en même temps il aime ses plaisirs. Il attache son cœur à des choses qui passent comme la fumée. Il ne peut connaître ni la vérité, ni aucun bien ; il ne peut connaître que le mensonge, parce qu’il n’a pas la lumière ; il est brouillard. S’il avait la lumière il verrait bien que tout ce qu’il aime ne peut que lui donner la mort éternelle, c’est un avant goût de l’enfer. L’ESPERANCE

L’épreuve produit la patience et la patience l’espérance.

LA CHARITE

L’amour vaut mieux que la crainte. O mes enfants, il y en a qui aiment le Bon Dieu mais dans une grande crainte. Ceux-là se rendent la vie si malheureuse, si épineuse qu’ils font pitié ; ils vont au ciel ; mais ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Dieu est bon, il connaît nos misères, il faut que nous l’aimions, il faut que nous voulions tout faire pour lui plaire.

Qu’il est bon, qu’il est grand de connaître, d’aimer et servir Dieu ! Nous n’avons que cela à faire en ce monde. Tout ce que nous faisons en dehors de cela est du temps perdu.

Je ne crois pas qu’il y ait des cœurs assez durs pour ne pas aimer en se voyant tant aimés.

La terre est trop basse, elle est trop pauvre pour le cœur de l’homme. Le ciel par son immensité, le Bon Dieu par son amour, peuvent seuls remplir l’infinie capacité des désirs de ce cœur qui n’est fait que pour aimer.

On ne peut pas aimer Dieu sans le lui témoigner par nos œuvres.

LA PART DE VOLONTÉ

Pour bien faire les choses, il faut les faire comme Dieu le veut, en toute conformité avec ses desseins.

Il n’y a pas deux bonnes manières de servir Notre Seigneur, il n’y en a qu’une, c’est de le servir comme il veut être servi.

Il faut vouloir ce que le bon Dieu veut. Il veut nous sanctifier par la patience.

La soumission aux ordres du bon Dieu est pour nous ce qu’étaient les cheveux à Samson, le principe de sa force si fatal aux ennemis.

On doit s’estimer heureux de souffrir puisque c’est la volonté de Dieu.

On connaît les amis du bon Dieu à ce qu’ils font ce qu’ils ne sont pas obligés de faire.

LE PUR AMOUR

Aimer Dieu ce n’est pas lui dire de bouche : mon Dieu, je vous aime. Aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit, de toutes ses forces, son honneur, sa vie même plutôt que l’offenser. Aimer Dieu, c’est n’aimer rien autant que lui, rien d’incompatible avec lui, rien qui partage notre cœur avec lui.

Je veux travailler aujourd’hui pour vous, O mon Dieu ! Je me soumettrai à tout ce que vous m’enverrez comme venant de vous. Je m’offre en sacrifice. Mais mon Dieu, je ne puis rien sans vous ; aidez-moi !

Aimer le bon Dieu, ce n’est pas ressentir de temps en temps quelques mouvements de tendresse pour Dieu ; cette sensibilité n’est pas toujours en notre pouvoir.

Quand on n’a pas de consolation, on sert Dieu pour Dieu, mais quand on en a, on est exposé à le servir pour soi.

Si l’on devait être damné, ce serait une consolation que de pouvoir dire : j’ai du moins aimé le bon Dieu sur cette terre.

NOS MÉRITES

Nos actions même les plus indifférentes, animées de son Esprit, deviennent des œuvres méritoires pour la vie éternelle.

Ce n’est pas la grandeur des actions qui leur donne le mérite, mais la pureté d’intention avec laquelle nous les faisons.

Il faut bien savoir et bien se persuader que Dieu n’opère dans nos âmes que selon le degré de nos opérations, de nos désirs, de nos actes intérieurs produits à cette fin. Un vase prend de l’eau à une fontaine selon sa capacité.

LA PRIÈRE / UNION A DIEU

Jamais l’on n’est fâché de ne rien avoir fait, et presque toujours l’on se repent d’avoir trop parlé

Un autre ferait mieux que moi. Je ne désir que le silence la solitude et l’oubli du monde.

Je sèche d’ennui sur cette pauvre terre. Mon âme est triste jusqu’à la mort. Mes oreilles n’entendent que des choses pénibles et qui navrent le cœur… Je n’ai pas le temps de prier le bon Dieu. Je ne peux plus tenir.

Si mes confrères avaient pu me faire sortir d’Ars, ils m’auraient rendu un grand service.

Mon grand désir à moi serait de me retirer à Fourvière, n’étant chargé de personne, et, après avoir bien prié, d’aller passer mon temps à l’hôpital. Oh ! que je serais heureux.

Nous ne devrions pas plus perdre la présence de Dieu que nous ne perdons la respiration.

La prière est l’échelle mystérieuse qui conduit au ciel.

Plus on prie, plus on veut prier.

« Je ne lui dit rien. Je l’avise et il m’avise !... » Que c’est beau, mes enfants, que c’est beau !!!

Toute prière qui est faite sans préparation est une prière mal faite.

Allons, mon âme, tu vas converser avec le bon Dieu, travailler avec lui, marcher avec lui, combattre et souffrir avec lui. Tu travailleras, mais il bénira ton travail, tu marcheras, mais il bénira tes pas ; tu souffriras, mais il bénira tes larmes. Qu’il est grand, qu’il est noble, qu’il est consolant de tout faire et en la compagnie et sous mes yeux du bon Dieu, de penser qu’il voit tout, qu’il compte tout !...

Combien un petit quart d’heure que nous dérobons à nos occupations, à quelques inutilités, pour prier, lui est agréable.

Quelque grandes que soient nos occupations, nous pouvons prier le bon Dieu sans rien déranger de nos affaires.

Ne pas faire prier les enfants, c’est ravir une grande gloire au bon Dieu.

Faites des bonnes œuvres tant que vous voudrez, si vous ne priez pas souvent et comme il le faut, jamais vous ne serez sauvés.

Le bon Dieu n a pas besoin de nous : s’il nous commande de prier c’est qu’il veut notre bonheur, et que notre bonheur ne peut se trouver que là.

Le poisson ne se plaint jamais d’avoir trop d’eau ; de même le bon chrétien ne se plaint jamais d’être trop longtemps avec le bon Dieu.

Une prière bien faite est une huile embaumée qui se répand dans toute notre âme, qui semble déjà lui faire sentir le bonheur !

Ah qu’il est beau, qu’il est grand de donner à Dieu sa jeunesse ! quelle source de joie et de bonheur !

Chose étrange : j ai rencontré bien des gens qui ne sont pas repentis de n’avoir pas aimé Dieu ; je n’en ai jamais rencontré un seul qui fut triste et se repentir de l’aimer.

J’ai fait comme Caïphe : j’ai prophétisé sans le savoir

LE MINISTÈRE DU PRÊTRE (grandeur du prêtre)

Le prêtre est un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu.

Si on avait la foi, on verrait Dieu caché dans le prêtre comme une lumière un verre, comme un vin mêlé avec de l’eau.

Si nous n’avions pas le sacrement de l’ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à entrez dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre ? Le prêtre toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir, qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre.

Si je rencontrais un prêtre et un ange je saluerais le prêtre avant de saluer l ange. Celui-ci est l ami de Dieu, mais le prêtre tient sa place.

Allez-vous confesser à la sainte vierge ou à un ange. Vous absoudront-ils ? Vous donneront-ils le corps et le sang de notre seigneur ? Non, la sainte vierge ne peut pas faire descendre son divin fils dans l’hostie. Vous auriez deux cents anges là qu’ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre tant simple qu’il soit le peut. Il peut vous dire : Allez en paix, je vous pardonne. Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand !

Là où il n’y a plus de prêtre, il n’y a plus de sacrifice, il n’y a plus de religion.

Laisser une paroisse 20 ans sans prêtre on y adorera les bêtes .

Lorsqu’on veut détruire la religion on commence par attaquer les prêtres.

Lorsque vous voyez un prêtre, vous devez dire : « Voilà celui qui m’a rendu enfant de Dieu… celui qui m’a purifié après mon péché, qui donne la nourriture à mon âme. »

Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il ne se donne pas l’absolution, il ne s’administre pas les sacrements. Il n’est pas pour lui, il est pour vous.

Je dis quelquefois à Mgr Dévie : Si vous voulez convertir votre diocèse, il faut faire des saints de tous vos curés.

Ce qui nous empêche d être des saints, nous autres prêtres, c’est le manque de réflexion. On ne rentre pas en soi-même, on ne sait pas ce qu’on fait. C’est la réflexion, l’oraison, l’union à Dieu qu’il nous faut !...

Nous avons besoin de saints religieux et de bons prédicateurs pour renouveler la France.

LE MINISTÈRE DU PRÊTRE (responsabilité pastorale)

Le sacerdoce est une charge si lourde que si le prêtre n’avait pas la consolation et le bonheur de célébrer la sainte Messe, il ne pourrait pas le supporter.

Le sacerdoce est une charge si lourde que si le prêtre n’avait pas la consolation et le bonheur de célébrer la sainte Messe, il ne pourrait pas la supporter.

Non ! il n’y a rien de plus malheureux au monde qu’un prêtre ! A quoi se passe sa vie ? A voir le bon Dieu offensé. Le prêtre ne voit que cela.

Je me lèverai toujours bien à minuit ! Ce n’est pas la fatigue qui m effraie ; je serai le plus heureux des prêtres, si ce n’était pas cette pensée qu’il faut paraître au tribunal de Dieu comme curé !

Mon ami, vous ne savez pas ce que c’est de passer d’une cure au tribunal de Dieu.

LE PRÊTRE ET L’EUCHARISTIE

Oh ! qu’un prêtre fait donc bien de s’offrir à Dieu en sacrifice tous les matins. Voyez la puissance du prêtre ! L a langue du prêtre, d’un morceau de pain, fait un Dieu ! c’est plus que de créer le monde. Les doigts du prêtre qui ont touché la chaire adorable de Jésus-Christ, qui se sont plongés dans le calice où a été son sang, le ciboire où a été son corps !!!

La cause du relâchement du prêtre, c’est qu’on ne fait pas attention à la messe ! Hélas ! Mon Dieu ! Qu’un prêtre est à plaindre quand il fait cela comme une chose ordinaire !...

Un prêtre qui a le malheur de ne pas célébrer en état de grâce ! quel monstre !... On ne peut pas le comprendre !

Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l œuvre de Dieu. Le martyre n’est rien à comparaison : c’est le sacrifice que Dieu fait pour l’homme de son corps et de son sang.

Vous donneriez bien deux mille, trois mille, cent mille francs, vous ne paieriez pas une messe : payer le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ : Jamais !

Si l’on nous disait : A telle heure, on doit ressusciter un mort, nous courrions bien vite pour le voir. Mais la Consécration…n’est-ce pas un bien plus grand miracle que de ressusciter un mort.

Jusqu’à la Consécration, je vais assez vite, mais après la Consécration, je m’oublie en tenant Notre-Seigneur dans mes mains.

Après la Consécration, quand je tiens dans mes mains le très saint corps de Notre-Seigneur, et quand je suis dans mes heures de découragement, ne me voyant digne que de l’enfer, je me dis : « Ah ! si du moins je pouvais l’emmener avec moi ! l’enfer serait doux près de Lui. Il ne m’en coûterait pas d’y rester toute l’éternité à souffrir, si nous y étions ensemble…Mais alors il n’y aurait plus d’enfer. Les flammes de l’amour éteindraient celles de la justice ! »

L’assistance à la messe est la plus grande action que nous puissions faire.

La Sainte communion et le Saint Sacrifice de la Messe sont les deux actes les plus efficaces pour obtenir les changements des cœurs.

Pour bien assister à la messe, il faut être en état de grâce.

Il ne suffit pas d’être présent de corps à la messe, il faut y assister avec l’intention de l’entendre et de l’entendre avec attention.

La meilleure manière d’entendre la Sainte Messe est de s’unir au prêtre dans tout ce qu’il dit, de le suivre dans toutes ses actions, autant qu’on le peut ; est de tâcher de se pénétrer des plus vifs sentiments d’amour et de reconnaissance ; il faut bien conserver cette méthode.

Si j’assiste à la Sainte Messe, j’unis aussitôt mon esprit et mon cœur aux saintes intentions de Jésus.

Il faudrait toujours consacrer au moins un quart d’heure pour se préparer à bien entendre la messe.

Nous ne devons pas attendre e’être à l’Église pour nous y (la messe) préparer.

Si Dieu avait quelque chose de plus précieux, Il nous le donnerait.

Si nous avions eu une grâce à demander à Notre-Seigneur, nous n’aurions jamais pensé à lui demander celle-là.

Que fait Notre-Seigneur dans le Saint Tabernacle ? Il nous attend !

Si nous avions la foi, nous verrions Jésus-Christ dans le Saint Sacrement comme les anges Le voient au ciel. Il est là, Il nous attend.

Si vous passez devant une église, entrez pour saluer Notre-Seigneur. Pourrait-on passer à la porte d’un ami sans lui dire bonjour !

(Après une procession du St. Sacrement) Comment serais-je fatigué ? Je portais Celui qui me porte.

L’âme ne peut se nourrir que de Dieu. Il n’y a que Dieu qui lui suffise : il n’y a que Dieu qui puisse la remplir : il n’y a que Dieu qui puisse rassasier sa faim ! Il lui faut absolument son Dieu !

Par une communion vous rendez plus de gloire à Dieu que si vous donniez cent mille francs (aux pauvres).

Mettez toutes les bonnes œuvres du monde contre une communion bien faite ; ce sera comme un grain de poussière devant une montagne.

A côté de ce beau sacrement, nous sommes comme une personne qui meurt de soif à côté d’une rivière : elle n’aurait cependant qu’à courber la tête…, comme une personne qui reste pauvre à côté d’un trésor ; elle n’aurait qu tendre la main.

Ne dites pas que vous n’en êtes pas digne. C’est vrai : vous n’en êtes pas digne, mais vous en avez besoin.

Ne dites pas que vous avez trop de misères…J’aimerais autant vous entendre dire que vous êtes trop malade, et pour cela que vous ne voulez point de remède…

LES SACREMENTS

Le démon fait tout ce qu’il peut pour nous en éloigner (des sacrements).

Il ne faut pas se faire d’illusions : il y a des peines dans le mariage, et souvent de bien grandes. Voyez : Chacune des deux personnes a ses imperfections, ses défauts ; les naturels sont opposés, les humeurs sont souvent presque incompatibles. A la longue, la complaisance s’use, on se lasse l’un de l’autre, étant dans la nécessité d’être toujours ensemble. Oh ! il faut une grande grâce du Bon Dieu et grande fidélité à cette grâce quand on l’a reçue pour pouvoir se supporter.

Et que voit-on aujourd’hui dans le monde ? Hélas ! On prend un femme par convenance, par ambition, à cause de sa beauté. On fait les noces. On se livre à la joie, et puis tout est dit. Et l’on voudrait être heureux ! oh ! non, on ne le peut pas. Le Bon Dieu ne bénit pas les unions où Il n’a pas été consulté.

L’HOMME PÉCHEUR (le péché)

Que c’est dommage de perdre des âmes qui ont coûté tant de souffrances à Notre-Seigneur.

« Pourquoi m’as-tu offensé, moi qui t’aime tant ?... »

Nous luis faisons la guerre avec les moyens qu’il nous a donnés pour le servir.

Outrager un Dieu qui nous a créés et qui ne nous a fait que du Bien, c’est le comble de l’ingratitude.

« Je vais encore commettre ce péché. Il ne m’en coûtera pas plus d’en dire quatre que d’en dire trois. » C’est comme si un enfant disait à son père : « Je m’en vais vous donner quatre soufflets. Il ne m’en coûtera pas plus que de vous en donner un. J’en serai quitte pour vous demander pardon. »

Nous commettons les péchés comme on boit de l’eau, sans crainte ne remords. Nous nous enfonçons dans cette boue, nous y croupissons comme des taupes, des mois, des années !

Si vous voyez un homme dresser un grand bûcher, entasser des fagots les uns sur les autres, et que demandant ce qu’il fait il vous répondit : Je prépare le feu qui doit me brûler…Que penseriez-vous ? En commentant le péché, c’est ainsi que nous faisons. Ce n’est pas Dieu qui nous jette en enfer, c’est nous par nos péchés. Le damné se dira : J’ai perdu Dieu par ma faute. Il s’élèvera du brasier pour y retomber. Il sentira toujours le besoin de s’élever parce qu’il était créé pour Dieu, comme un oiseau dans un appartement vole jusqu’au plancher (plafond) et retombe.

Il faut toujours craindre le péché et se figurer qu’on est comme un homme qui serait obligé de marcher pieds nus dans un bois où il y aurait beaucoup de serpents cachés sous les broussailles. A chaque pas que cet homme fait sur les épines, il craint de faire lever un serpent qui le fera mourir. Ainsi nous devrions craindre le péché.

…Ces chrétiens qui ont peut-être plus de péchés sur leur conscience qu’ils n’ont de cheveux sur la tête.

DÉSESPOIR

Il y en a qui disent : « J’ai trop fait de mal : le Bon Dieu ne peut pas me pardonner. » C’est un gros blasphème. C’est mettre une borne à la miséricorde de Dieu, et elle n’en a point : elle est infinie.

L’ORGUEIL

Nous mettons l’orgueil partout comme le sel.

Il n’y a rien de si contraire à la charité que l’orgueil : c’est l’eau et le feu.

Que diriez-vous d’un homme qui travaillerait le champ du voisin et laisserait le sien sans culture ? Eh bien ! Voilà ce que vous faites. Vous fouillez continuellement dans la conscience des autres et vous laissez la vôtre en friche.

MÉDISANCE et MANQUE DE CHARITÉ

La langue du médisant est comme un ver qui pique les bons fruits.

Nous ne devons haïr que le démon, le péché…

La marque distinctive des élus, c’est l’amour, comme la marque des réprouvés c’est la haine. Aucun réprouvé n’aime un autre réprouvé.

LA COLÈRE

Celui qui se met en colère ressemble à un mannequin, il ne sait ni ce qu’il fait, ni ce qu’il dit.

Quand nous sommes entrain de nous déchaîner, nous vomissons notre haine.

IMPURETÉ

…(L’homme impur) Semblable à l’animal qui ronfle dans la boue.

Ces malheureuse-là ne sauront qu’au Tribunal de Dieu le nombre des crimes qu’elles auront fait commettre.

Ceux qui ont perdu la pureté sont comme un pièce de drap trempe dans l’huile : lavez-la, faites-la sécher, la tache revient toujours. De même il faut un miracle pour laver l’âme impure.

Ceux qui font de mauvais écrits, de mauvais tableaux et de mauvaises statues sont responsables de tout le mal que ces objets produiront pendant le temps qu’ils dureront…Oh ! ça fait trembler.

Ce péché qu les démons nous font commettre, mais qu’ils ne commettent pas.

De tous les péchés, c’est celui de l’impureté qui est le plus difficile à déraciner.

Qu’il est difficile de se corriger entièrement de ce péché.

Lorsque le démon voit qu’une âme cherche à y arriver (à la vie intérieure) il tâche de l’en détourner en remplissant son imagination de mille chimères.

Ceux qui font danser dan leur maison se chargent d’une responsabilité terrible devant Dieu. Ils sont responsables de tout le mal qui se fait, des mauvaises pensées, des médisances, des jalousies, des haines, des vengeances… Ah ! s’ils comprenaient bien cette responsabilité, ils ne feraient jamais danser.

Les mères disent : « Je veille sur mes filles ». Elles veillent sur leur toilette, mais elles ne peuvent veiller sur leur cœur.

On doit user des divertissements comme on use des remèdes. Ils ne doivent être ni dangereux, ni trop fréquents.

Un jour je me trouvai de passer auprès d’un gros feu, je pris une poignée de paille bien sèche, je la jetai dedans lui disant de ne pas brûler. Ceux qui furent témoins de cela, me dirent en se moquant de moi : « Vous avez beau lui dire de ne pas brûler, cela n’empêchera pas qu’elle ne brûle – Et comment, leur ai-je répondu, puisque je lui dis de ne pas brûler ? » – Qu’en pensez-vous, ma mère ? Vous y reconnaissez-vous ? N’est-ce pas que vous aviez dit à votre fille d’être bien sage, lorsque vous lui donniez la permission de partir ?

Je lui ai entendu dire qu’il en était venu à bout par ses prières beaucoup plus que par ses paroles et ses instructions.

LA VIOLATION DU DIMANCHE

Il est bien juste qu’on lui donne un jour pour réparer tant de fautes qu l’on a faites pendant la semaine.

Nous devrions être contents de voir arriver le dimanche. Nous dirions : aujourd’hui, je vais m’occuper du Bon Dieu, je vais bien prier et travailler à l’affaire de mon salut.

Il y a trois sortes de personnes qui vont à l’église les dimanches : le plus petit nombre sont celles qui sont en état de grâce, ensuite celles qui y viennent pour demander leur conversion, et puis le plus grand nombre ce sont celles qui y viennent sans avoir le désir de se convertir.

Il y en a qui ne feraient pas cent pas pour aller à la messe.

Ils vont à la messe, mais à peine y sont-ils qu’ils voudraient en sortir.

Les mauvais chrétiens… arrivent tard à l’église ; ils restent à la porte sans faire un mot de prière, causent et rient avec leurs voisins. Ils sont là comme au marché. Ça fait pitié !

Ils ont mille distractions : les hommes pensent à leur commerce, les femmes à leur ménage, les jeunes gens à leurs plaisirs, les filles à leurs vanités : Jugez voir si avec de telles dispositions ils entendent la messe comme il faut.

Le prêtre n’est pas encore descendu de l’autel, qu’ils se pressent à la porte à qui sortira le premier.

Hélas ! bien souvent le prêtre monte à l’autel que vous êtes encore à vous contempler devant une glace de miroir, à vous y tourner et retourner…Elles entrent dans le temple du Seigneur en disant au fond de leur cœur : Regardez-moi.

Le péché qui est toujours en grand mal dans quelque temps qu’on le commette, est bien plus énorme quand il est commis le dimanche.

Le dimanche, c’est le bien du Bon Dieu. De quel droit touchez-vous à ce qui ne vous appartient pas ? Vous savez que le bien volé ne profite jamais… Le jour que vous volez au Seigneur ne vous profitera pas non plus. Je connais deux moyens bien sûrs de devenir pauvre : c’est de travailler le dimanche et de prendre le bien d’autrui.

L’AVARICE

Ceux qui cherchent à les acquérir (les biens temporels) ressemblent à une personne qui voudrait remplir un sac avec des brouillards, ou bien encore à une personne qui rassemblerait des courges pour s’en faire un trésor, et qui ne trouverait au moment de l’hiver que pourriture.

La terre entière ne peut pas plus contenter une âme immortelle qu’une pincée de farine dans la bouche d’un affamé ne peut le rassasier.

L’OMISSION

Nous serons examinés sur le bien qu nous aurons pu faire et que nous n’avons pas fait, sur les péchés d’autrui dont nous aurons été la cause.

Hélas ! mes enfants, les pères et les mères ont si peur de contrarier leurs enfants que quelquefois ils engagent leur conscience.

LA MÉDIOCRITÉ ET LE PÉCHÉ VÉNIEL

Que de chrétiens maintenant ne sont possédés que de l’amour d’eux-mêmes

Vous dites qu vous aimez Dieu ? Dites plutôt qu vous vous aimez vous-mêmes !

Je pense quelquefois qu’il y aura peu de bonnes œuvres de récompensées parce qu au lieu de les faire par amour de Dieu, nous les faisons par habitude, par routine, par amour de nous-mêmes… Que c’est dommage !

Que de fois nous venons à l’église sans savoir ce que nous venons y faire.

Que peut-on penser en voyant la manière dont la plupart des chrétiens se comportent dans nos églises ? les uns ont l’esprit à leurs affaires temporelles, les autres à leurs plaisirs ; celui-là dort, et l’autre, le temps lui dure ; l’on tourne la tête, l’on bâille, l’on se gratte, l’on feuillette son livre ; l’on regarde si les saints offices seront bientôt finis.

Celui qui ne prie pas est comme une poule ou une dinde qui ne peut s’élever dans les airs. Si elles volent un peu, elles retombent bientôt, et, grattant la terre, elles s’y enfoncent, s’en aspergent et semblent ne prendre plaisir qu’à cela.

Ceux qui ne font aucun effort pour se vaincre et pour faire de dignes fruits de pénitence sont comme des arbres en hiver : ils n’ont ni feuilles, ni fruit, et pourtant ils ne sont pas morts.

N’attendons pas le temps : le temps ne nous attendra pas.

Nous répondrons du temps perdu.

Un grand pécheur se convertira plutôt qu’une personne tiède.

Le Bon Dieu n’est pas méchant, mais il est juste. Croyez-vous qu’Il s’accommodera de toutes vos volontés ? Croyez-vous, après qu vous l’aurez méprisé toute votre vie, qu’il va se jeter à votre cou ?

Les pauvres pécheurs ne se perdent pas tout d’un coup, ils ne se damnent que petit à petit. Peu à peu, ils s’enfoncent dans la boue de leurs péchés.

Il y a une paresse naturelle… Il y a une paresse spirituelle. Ces deux paresses sont sœurs, mais elles n’habitent pas toujours ensemble.

LA TENTATION

Si le Bon Dieu a permis que les hommes fussent tentés, il a voulu par là s’assurer de l’amour que les hommes ont pour leur créateur.

Le Bon Dieu ne nous demande pas le martyre, mais seulement de résister à quelques tentations.

Nous connaissons encore le prix de notre âme aux efforts que le démon fait pour la perdre. L’enfer se ligue contre elle, le ciel pour elle…Oh ! qu’elle est grande !... Heureuses les âmes tentées ! c’est lorsque le démon prévoit qu’une âme tend à l’union à Dieu qu’il redouble de rage… Oh ! heureuse union !

Les tentations les plus à craindre : ce sont ces petites pensées d’amour-propre, ces pensées d’estime de soi, ces petits applaudissements sur tout ce qu l’on fait, sur ce qu l’on a dit de nous.

Offrez aussi la tentation pour demander la conversion des pécheurs : ça dépite le démon et le fait fuir, parce que la tentation se tourne contre lui… Allez, après cela il vous laissera bien tranquille.

Les combats nous mettent au pied de la croix, et la croix à la porte du ciel.

Les plus grands saints, ce sont ceux qui l’ont été le plus (tentés).

Il ne faut pas croire qu’il y ait quelque lieu sur la terre ou nous puissions échapper à cette guerre.

Lorsque vous êtes tentés, offrez au Bon Dieu le mérite de cette tentation pour obtenir la vertu opposée.

Voilà comment il en use ordinairement avec les pécheurs qui reviennent à Dieu. Il leur laisse goûter les douceurs des premiers moments de leur conversion, parce qu’il sait bien qu’il ne gagnerait rien : ils ont trop fervents. Il attend quelques mois que leur ardeur soit passée ; puis il commence à leur faire négliger la prière, les sacrements, il le attaque par diverses tentations. Puis viennent les grands combats : c’est bien alors qu’il faut demander la grâce de ne pas se laisser abattre.

Les tentations les plus ordinaires sont l’orgueil et l’impureté. Un des moyens par lesquels on résiste le mieux est une vie active pour la gloire de Dieu. Bien des gens se livrent à la mollesse et à l’oisiveté. Dès lors il n’est pas étonnant que le démon leur ait le pied dessus.

Notre divin Sauveur ayant été notre modèle en tout a voulu l’être aussi dans la tentation.

Trois choses sont absolument nécessaire contre la tentation : la prière pour éclaire, les sacrements pour nous fortifier et la vigilance pour nous préserver.

C’est par la prière et les mortifications que nous viendrons à bout de combattre les tentations du démon.

Il y en a qui se plaignent d’avoir trop de tentations, trop de croix à supporter. Il semble à les entendre que le Bon Dieu est toujours là après eux avec un bâton : Ce sont le mauvais chrétiens, les endormis qui parlent comme cela.

Le démon ne vient que lorsque nous perdons la présence de Dieu, parce qu’il sait bien qu’il ne gagnerait rien autrement.

Lorsque le démon veut perdre une personne, il commence par lui inspirer un grand dégoût pour la prière.

Il ne faut pas croire qu’il y ait quelque lieu sur la terre ou nous puissions échapper à cette guerre. Nous trouverons le démon partout, et partout il cherchera à nous ravir le ciel. Mais partout et toujours nous pouvons être vainqueurs.

Il ne faut pas écouter le démon qui cherche toujours, après qu’il nous fait faire le mal, à nous jeter dans le désespoir.

Le démon est bien fin, mais il n’est pas fort : Un signe de croix le met en fuite.

Le démon laisse bien tranquilles les mauvais chrétiens, personne ne s’occupe d’eux, mais ceux qui font le bien, il suscite contre eux mille calomnies, mille outrages.

Le démon tente ceux qui voudraient sortir de leur péché, parce qu’il prévoit le bien qu’ils feraient.

Le démon ne tente que les âmes qui veulent sortir du péché et celles qui sont en état de grâce. Les autres sont à lui, il n’a pas besoin de les tenter.

Le démon après une bonne confession redouble ses efforts.

Cette nuit le grappin ne m’a pas laissé fermer l’œil.

Ah ! mon Petit ! Le diable ne paraît pas à tout le monde de la même manière. A moi, il apparaît toujours vilain, et à vous, il apparaît toujours joli.

« Il » est en colère, c’est bon signe. Il va nous venir de l’argent et des pécheurs.

Le démon est bien méchant, mail il est bien bête, car il me fait connaître tout le bien qui se fait à Ars.

Oh ! je m’y habitue. Il ne peut rien sans la permission de Dieu.

Il avoua à Mgr Devie qu’il avait jugé que c’était le démon parce qu’il avait peur et que le Bon Dieu ne fait pas peur.

Que tu me fais souffrir !...S’il y en avait trois comme toi sur la terre, mon royaume serait détruit… tu m’as enlevé plus de quatre-vingt mille âmes. (Une possédée au Curé d’Ars)

LA CROIX DANS LA VIE

Dans votre baptême, vous avez accepté une croix que vous ne devez quitter qu’à la mort

Dans le chemin de la croix, il n’y a que le premier pas qui coûte.

La plupart des hommes tournent le dos aux croix et fuient devant elles. Plus ils courent, plus la croix les poursuit.

Il n’y que les croix qui nous rassureront au jour de jugement.

Souffrir…Qu’importe… Ce n’est qu’un moment…

Un bon chrétien fait tout ce qu’il peut, il va toujours en augmentant de plus en plus, rien ne l’arrête, ni les calomnies, ni les mauvais traitements, ne les persécutions. Il prend patience, il supporte tout.

On dit quelquefois : « Dieu châtie ceux qu’il aime. » Ce n’est pas vrai. Les épreuves pour ceux que Dieu aime ne sont pas des châtiments, ce sont des grâces.

Les épreuves montrent clairement combien une œuvre est agréable à Dieu.

Ceux qui n’ont ni combat, ni peine à soutenir en ce monde sont comme des eaux mortes qui croupissent. Mais ceux qui endurent leurs peines, les souffrances, les combats ressemblent à des eaux rapides qui sont plus limpides quand elles passent par des rocher et tombent en cascades.

Mettez un beau raisin sous le pressoir, il en sortira un jus délicieux : Notre âme, sous le pressoir de la Croix produit un jus qui la nourrit et la fortifie.

Il y en a qui souffrent comme le bon larron et d’autres comme le mauvais. Tous deux souffraient pareillement, mais l’un sut rendre ses souffrances méritoires : il les accepta en esprit de réparation… L’autre au contraire…

Il faut demander l’amour des croix : alors elles deviennent douces. J’en ai fait l’expérience : Pendant 4 ou 5 ans j’ai été calomnié, bien contredit, bien bousculé. Oh ! J’avais des croix…j’en avais presque plus que je n’en pouvais porter ! je me mis à demander l’amour des croix…alors je fus heureux. Je le des vraiment : il n’y a de bonheur que là.

La croix ! la croix ! faire perdre la paix ? c’est elle qui donne la paix au monde ; c’est elle qui doit la porter dans notre cœur. Toutes nos misères viennent de ce qu nous ne l’aimons pas. C’est la crainte des croix qui augmente les croix. Une croix portée simplement et sans ces retours de l’amour-propre qui exagèrent le peines n’est plus une croix – une souffrance.

Jamais Notre-Seigneur ne prouve son amour que par les souffrances. Il semble qu’il ne saurait parvenir à son but sans cette voie : c’est la seule qui conduit au ciel.

La croix est un don que le Bon Dieu a fais à ses amis…

Il disait que c’était un temps des plus heureux pour lui lorsqu’il était persécuté (témoignages).

Il m’a dit qu’il souffrait de ne pas assez souffrir, et qu’il avait demandé au Bon Dieu de n’être jamais sans souffrance (témoignages).

Je pense qu Monseigneur voit la volonté de Dieu en cela ; moi, j’avoue qu ne je la vois pas (A propos de la disparition de l’orphelinat).

Voilà, je souffre la nuit pour les âmes du purgatoire et le jour pour la conversion des pécheurs.

Accordez-moi la conversion de ma paroisse ; je consens à souffrir ce qu vous voulez tout le temps de ma vie.

Le Bon Dieu fait un petit miracle pour moi toutes les nuits. Le soir, je n’en puis plus, et, le matin, je suis tout dispos.

Pour vous, il vous faut des croix pour penser au Bon Dieu.

Vous verrez à l’heure de la mort, que vous aurez plus sauvé d’âmes par cette maladie que par les œuvres de zèle que vous accompliriez en bonne santé.

L’obéissance et la volonté de Dieu l’ont fait revenir à Ars ou il est resté pendant 41 ans contre sa volonté, offrant à Dieu le sacrifice de la solitude qu’il désirait tant (témoignages).

Ses maux de tête étaient si forts qu’il ne pouvait pas même supporter un bonnet pendant la nuit. C’est à cause de cela qu’il avait l’habitude de se faire couper les cheveux très près sur le devant de la tête (témoignage).

LA PÉNITENCE

Quand vous avez bien envie d’une chose, faites-en le sacrifice à Dieu, c’est le moyen le plus sûr de lui être agréable.

Il n’y a que le premier pas qui coûte dans cette voie de l’abnégation. Quand une fois on y est entré, ça va tout seul, et quand on a cette vertu, on a tout.

Si le jardinier négligeait d’arracher les mauvaises herbes de son jardin, bientôt elles prendraient racine, et il éprouverait bien plus de peine à les extirper qu s’il l’eût fait lorsqu’elles étaient naissantes.

Si vous n’avez point fait de sacrifice, vous n’aurez rien à moissonner.

Les religieux, les religieuses ont tout quitté pour tout avoir.

Ah ! il y aurait trop à faire si l’on prenait quelque chose toutes les fois qu’on souffre.

Pour moi je vais fous dire ma recette. Je leur donne une petite pénitence et je fais le reste à leur place.

J’ai un bon cadavre ; je suis dur. Après qu j’ai mangé n’importe quoi, que j’ai dormi deux heures, je peux recommencer.

J’avais bientôt préparé mon dîner. Je faisais trois « matefaims ». Pendant que je préparais le second, je mangeais le premier ; en faisant le troisième, je mangeais le second ; je mangeais le troisième, en rangeant mon poêle et mon feu. Je buvais un bassin d’eau, et je m’en allais et j’en avais pour 2 ou 3 jours.

Maintenant je ne peux pas demeurer autant sans manger. J’arrive à ne plus pouvoir parler, et à n’avoir plus de force.

Maintenant que je suis obligé de prendre quelque nourriture plus fortifiante, je suis moins à mon aise quand je vais confesser.

On me fait un grand mérite de me lever le matin, et je n’en n’ai point ; je souffre tellement la nuit que ne n’ai pas une demi-heure de bon sommeil. Je brûle dans mon lit, et lorsque je veux me reposer un peu, je me lève et je m’appuie contre ce meuble, alors je souffre moins.

Mon Dieu, je vous fais volontiers le sacrifice de quelques heures de sommeil pour la conversion des pécheurs.

Il vaut mieux coucher sur un lit dur, il n’en coûte pas tant pour se lever.

Le matin je suis obligé de me donne deux ou trois coups de discipline pour faire marcher mon cadavre. Ça réveille les fibres…C’est ainsi qu’on dompte son cadavre et qu’on apprivoise le vieil Adam.

Il y a pour moi deux heures terribles dans la journée : sept heures du matin et sept heures du soir.

Je lui ai demandé un jour comment il pouvait rester si longtemps au confessionnal par un froid rigoureux sans rien prendre pour se réchauffer les pieds ? « C’est pour une bonne raison…Depuis la Toussaint jusqu’à Pâques je ne sens pas mes pieds. »

On peut se priver de se chauffer ; si l’on se trouve mal assis, ne pas chercher à se mieux placer ; si l’on se promène dans son jardin, se priver de quelques fruits qui feraient plaisir ; en faisant son ménage, on peut ne pas manger quelques petits morceaux qui se présentent ; se priver de voir quelque chose qui attire le regard et qui est joli, dans les rues des grandes villes surtout.

Dans le monde, à toute heure, on trouve à renoncer à sa volonté : on se prive d’une visite qui fiat plaisir, on remplit une œuvre de charité qui ennuie, on se couche deux minutes plus tard, on se lève deux minutes plus tôt ; lorsque deux choses se présentent à faire, on donne la préférence à celle qui nous plaît le moins.

Il m’avoua qu’un jour il était tombé quatre fois de faiblesse en se rendant à l’église, qu’il s’était relevé quatre fois avec une grande peine, et, qu’arrivé au confessionnal, il avait entendu les confessions comme à l’ordinaire.

Quelques années avant sa mort une livre (de pain) lui passait sa semaine. C’était même plus que suffisant.

Il m’a avoué que, parce qu’il aimait beaucoup le café, il avait prié Dieu de le lui rendre amer et qu’il avait été exaucé.

Il faisait semblant de rentrer dans un confessionnal, les pénitents s’y précipitaient, il avait même soin quelquefois de faire approcher de la grille les plus bruyants, alors il disparaissait tout d’un coup et allait confesser ailleurs.

LA PURETÉ DU CŒUR

Une âme pure est comme une belle perle. Tant qu’elle est cachée dans un coquillage au fond de la mer, personne ne songe à l’admirer, mais si vous la montrez au soleil, elle brille et attire les regards : ainsi en est-il de l’âme pure qui, cachée maintenant aux yeux du monde, brillera un jour devant les anges au soleil de l’éternité.

Ah ! si seulement je n’étais pas tenté de désespoir !

Je n’ai d’autre ressource contre cette tentation du désespoir que de me jeter au pied du tabernacle, comme un petit chien aux pieds de son maître.

J’ai plus de peine à me défendre contre la tentation de désespoir que contre celle de l’orgueil.

Il m’a raconté qu’en venant à Ars, il craignait de ne pas rencontrer un prêtre qui voulût se charger de la direction de son âme, car il se regardait comme le plus grand des pécheurs (témoignages).

On a vu le serviteur de Dieu craindre beaucoup les jugements de Dieu, mais jamais on n’a aperçu qu’il fût découragé, au contraire (témoignages). L’HUMILITÉ

L’humilité est comme une balance : plus on s’abaisse d’un côté et plus on est élevé de l’autre.

L’ENFER

Ce n’est pas Dieu qui nous damne, C’est nous par nos péchés. Les damnés n’accusent pas Dieu…Ils s’accusent eux-mêmes.

Aucun réprouvé n’aime un autre réprouvé, le frère déteste son frère, le fils son père, la mère son enfant ; et cette haine universelle se concentre sur Dieu ; voilà ce que c’est l’enfer.



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